Errances et Cheminements

Biography

 

Né en 1958 à Paris. De nationalité Suisse et Française, vit et travaille en Suisse, à Lausanne.

 

Les deux sensibilités apollinienne et dionysiaque semblent guider ma vie.

 

Dès mon plus jeune âge, ayant des facilités en mathématiques, on m’orienta vers des études scientifiques. Et pourtant, je n’ai eu de cesse de pratiquer le dessin.

 

Donc, en parallèle à des études scientifiques (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne), je fréquente les académies des beaux-arts et des arts décoratifs à Lyon et à Genève.

 

Ensuite, grâce à ma dualité scientifique et artistique, j’ai l’opportunité (1989) de rejoindre une société active dans le monde entier dans le domaine de l’impression des billets de banque. La plupart des billets de banque sont imprimés en taille douce et représentent la plus grande circulation d'estampes du monde moderne.

 

Tout d'abord, je collabore au département prépresse avec comme rôle d’allier les nouveautés technologiques avec les méthodes traditionnelles de dessiner les maquettes de billets de banque selon les techniques de la miniature. Je découvre la création du billet de banque alliant la fonctionnalité et la créativité, ainsi que l’art de la gravure taille douce.

Enfin je participe - en tant que consultant auprès des Banques Centrales et des Autorités Monétaires - à la conception et l'élaboration de nouvelles séries de billets de banque dans le monde en contact étroit avec les dessinateurs et les graveurs. Ces multiples voyages dans le monde et ce contact permanent avec des artistes d'autres pays et de cultures si riches et diversifiées me nourrit et influence mon travail artistique.

 

En parallèle, je pratique la peinture à l'huile, l’acrylique, la taille douce, l'aquarelle et les techniques mixtes.

 

Je participe à de nombreuses expositions individuelles et d'ensemble en Suisse et à l’étranger: Dublin, Lisbonne, Genève, Lausanne, Bruxelles, Luxembourg, Lyon, Paris, Toronto, Urbino (Italie).

 

Je travaille depuis de nombreuses années à l’atelier de gravure de Raymond Meyer à Lutry, Suisse. Et je fréquente aussi régulièrement l’atelier Pasnic à Paris, spécialisé dans la taille douce au carborundum.

 

Associations

 

  • Membre de l’IBDA – International Banknote Designers Association. Association internationale représentant plus de 250 dessinateurs et graveurs de billets de banque actifs dans plus de 70 pays et représentants les intérêts des Banques Centrales et des acteurs de l’industrie fiduciaire.
  • Membre sociétaire de l’Institut Européen de l’Aquarelle de 1992 à 2004.

 

Cheminement

 

Le papier m’a très tôt attiré par sa texture, sa consistance, les effets qu’il autorise. Ainsi, mes orientations actuelles s'appuient sur un support papier ou sur un support souple tel que la toile de lin sans châssis. Il existe une fragilité apparente à travailler ces substrats, pourtant si résistants. Le papier, son grain, son épaisseur, les déchirures participent à révéler l'image. Les fonds sont préparés au pinceau et recouverts de couches de badigeon acrylique de pigments superposés en très fin glacis, la couleur effleure le support, elle est imperceptible. La forme est ensuite dessinée au crayon conté noir, à la craie, au pastel ou peinte à l'acrylique noire, je frotte avec les doigts, le papier est façonné, parfois déchiré. Il en ressort une humanité. Paradoxalement, la couleur m’effraie maintenant, plus qu’elle ne m’attire comme auparavant, la réalité des choses est sans doute plus sombre. Je voudrais aller à l’essentiel, vers la simplification et l’abstraction.

 

Le style prend forme avec le temps et ce qui pourrait singulariser mon travail est l'aspiration à traiter les séries, à explorer une thématique selon différentes techniques tout en gardant une constance dans le traitement monochromatique. La forme est transformée, simplifiée sur différents supports. Le regardant a une manière de voir qui change selon le format du substrat ou la technique utilisée, lui inspirant un sentiment différent. On ne regarde pas de la même manière un carnet d'esquisses spontanées, un grand format à l'huile ou des gravures de petits ou grands formats en taille douce.

 

J’effectue de multiples esquisses sur des carnets dont les pages sont badigeonnées de pigments acryliques. Puis, à partir de ces esquisses, de plus grands dessins sont effectués sur des feuilles d’arches de grands formats, au crayon conté noir. En s’appuyant sur ces dessins, j’effectue des grands formats en toile de lin avec acrylique noire en glacis ainsi que des gravures taille douce au carborundum sur une plaque transparente de plexiglas. Une recherche particulière fait que cette même plaque transparente peut être utilisée pour effectuer une sérigraphie. Des petites pointes sèches très sombres s’ajoutent à cette série. Les dessins, les séries sont une errance.

 

Le multiple n'est donc pas uniquement dans l'édition taille douce mais également dans les techniques et les supports. Les émotions sont multiples. Pour le regardant, les vertiges et les angoisses seraient dû à la matière, au format qui, plus que l'image, deviendrait donc le support de l'émotion. La matière et le pictural pourraient-ils se substituer au sujet? La matière pourrait-elle devenir sujet? « La matière permet d’ouvrir de nouveaux champs visuels. Il n'y a pas, d'une part, des sujets et, de l'autre, une matière. Il y a une création permanente de l'image par la matérialité et, en même temps, celle-ci n'existe que parce qu'il y a une image» (Michel Haas).

 

Ma recherche continuelle et mon aspiration est de pouvoir retranscrire en grand format, gravure ou peinture, l’élan que je ressens lorsque j’esquisse une ébauche. Des thèmes récurrents forment le fil de ce travail et se résument à quelques éléments simples qui occupent l’espace. C’est la représentation d’une silhouette, d’une masse – des arbres, une foule ou des bateaux - comme un mur frontal avec cette partie claire qui donne l’appui de la découpe. Comme un filtre des émotions et du paysage pour aboutir à un seul élément puissant.

 

« Aucun artiste ne tolère le réel » dit Nietzsche. « Aucun artiste ne peut se passer du réel » lui répond Camus. La fuite hors du réel engendre des œuvres bien matérielles, bien réelles. Et j’ai besoin d’une partie du réel pour créer. Je cherche à atteindre la simplicité de la forme et, de la simplicité, nait le sujet à la frontière de l’abstraction.

 

Tant de choses restent à explorer. Je voudrais tendre vers le non-fini, l’inachevé ou l’inachevable de Turner, le plus délicat dans le travail de l’artiste est de déterminer quand il doit s’arrêter. St Exupéry mentionnait : « il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter mais quand il n’y a plus rien à retrancher ». Je recherche la spontanéité, prédominance de l’affect, de la gestuelle par opposition à la construction mentale de l’œuvre. Dans tout art, il y a une phase d’apprentissage. J’ai toujours l’impression d’être dans une phase de recherche. Je deviens un artiste très lentement, c’est un essai, parfois le cheminement est une errance.

 

Jean Paul Sarte cite dans « Les mots » : « j’écris toujours, que faire d’autre ?, c’est mon habitude, et puis c’est mon métier maintenant », et j’aime remplacer écrire par dessiner !

 

 

 

 

 

 

 

 

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