studios

Ateliers Raymond Meyer - Lausanne - Suisse

 

Prêt à toutes les expérimentations, Raymond Meyer a fait de son atelier de Lutry un laboratoire. Raymond est un artisan d’art, qui depuis quarante ans invente et réinvente une technique millénaire et se met au service des artistes.

 

Un journaliste a titré un jour : "La vie encrée de Raymond Meyer".

 

L’impression de gravures et d’estampes est certes un art millénaire, mais tout n’a pas encore été fait. L’invention des artistes est sans limites. Et Raymond Meyer dit avec modestie que son métier (et son plaisir), c’est de rendre possibles leurs idées les plus inattendues.

 

Et donc on peut tout essayer : supports, effets de matière, gigantisme, miniaturisme, collages, superpositions, polychromie… Certains artistes (les burinistes comme Armand Desarzens) sont des obsédés de la précision, d’autres tel Roger Pfund aiment que les multiples passages de couleurs soient visibles et lisibles, d’autres encore (Jean-François Reymond) travaillent des effets de flou, de brume, de sablage, et ainsi de suite.

 

Les tirages en grande série de naguère ont presque disparu. Chaque gravure est en somme aujourd’hui un objet unique, voire un prototype. Long processus, silencieux, attentif : le papier aura été mouillé, puis il aura reposé durant la nuit avant d’accueillir l’encre. Encrage, essuyage (avec un morceau de tarlatane, puis avec le gras de la main), tirage sur la presse, chaque feuille sera l’objet de soins particuliers. Puis chaque feuille sera suspendue à un fil, le temps du séchage… L’artiste numérotera et signera celles qui lui conviendront, les autres seront dites "exemplaires d’artiste" ou ne seront pas conservées…

 

Rien de plus fragile que ces feuilles, mais rien de plus durable, pourvu que ni l’eau, ni le feu… Raymond Meyer depuis une quarantaine d’années se passionne pour cette technique, qui est un art. Un métier qu’il apprit dans l’atelier de Pierre Cailler à Pully, sous la férule de Pietro Sarto. A la mort de Pierre Cailler, il racheta ses presses et reprit son atelier.

 

Depuis lors, environ 180 artistes auront passé les portes de l’atelier de Pully (un dédale de petites pièces encombrées) ou de Lutry (où trône la grande presse, qui permet des tirages d’une taille inouïe).

 

Avec chacun d’eux, le travail prend un tour différent et Raymond Meyer dit prendre plaisir à s’adapter à la nature de l’un ou de l’autre, à se mettre au service de leur imagination. Mais aussi à susciter des créations (d’où les éditions qu’il créa, pour marier le texte des poètes ou des écrivains aux dessins des plasticiens).

 

Dans un coin de l’atelier, une belle discothèque. On imagine l’artisan, solitaire, les trois presses, les plaques de cuivre (ou de plexiglas), les rouleaux encreurs, les feuilles suspendues qui garnissent les murs, l’odeur de l’encre et la musique qui s’élève…

 

Atelier Pasnic - Paris

 

L'atelier Pasnic a été créé en 1978 par Pascal Gauvard et Nicolas du Mesnil du Buisson. Inspirés de la technique du carborundum, inventée par Henri Goetz et enseignée par Dick Dadérian, puis grâce à l'amitié de James Coignard et Max Papart, ils ont pu ouvrir cette technique à de nombreux artistes

 

 

 

 

 

 

Copyright © 2018 by Vincent Moreau. All rights reserved.

Contents of these pages, including photos and text, may not be reproduced, published, copied or transmitted in any form without written permission of the author